LA CRISE RÉUSSIE, C’EST POSSIBLE !

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Par Flora ÉLIAZORD, Jean-Yves BONNAIRE et Anicet ZADICK

Vendredi dernier, le 24 avril, nous terminions par cette citation de Nelson Mandela le webinaire que nous avons eu le très grand plaisir de coanimer. Puisque notre propos était centré sur le paradoxe de la décision en période de crise Covid 19, acceptons malgré tout le côté anxiogène et destructeur de cette crise afin d’y trouver malgré tout des raisons de nous réjouir et de nous montrer humblement reconnaissants. Nous remercions donc cette citation inspirante de ce dirigeant mondial qui a connu plus que beaucoup d’autres la souffrance extrême et les privations, mais qui a choisi d’en sortir au bout de 27 longues années, vainqueur, plus grand et plus humble que jamais.

Nous souhaitons également remercier les nombreux participants à ce webinaire qui s’est prolongé bien au-delà de l’heure prévue initialement. Et, nous remercions bien entendu, les deux structures qui ont co-organisé cet événement avec nous, Contact Entreprises et l’Association Martiniquaise pour la Promotion de l’industrie (AMPI), leurs Présidentes, leurs dévoués permanents et leurs adhérents. Cette co-organisation est aussi le signe que la co-construction est en train de progresser sur le territoire.

Notre intention en préparant ce moment de partage était simple : apporter un éclairage volontairement décalé sur cette crise et communiquer au plus grand nombre cette envie puissante qui nous anime de voir la Martinique et plus largement les territoires Caribéens devenir les « champions de la crise ». Les nombreuses et intéressantes questions qui sont tout au long du webinaire venues ponctuer nos propos montrent que le moment que nous vivons est source de nombreuses inquiétudes et c’est très légitime. Nous voyons cependant également dans ces questions, une volonté farouche de trouver ensemble des pistes et des stratégies pour nous en sortir de manière collaborative, en partageant, en confrontant les idées et en acceptant de nous pencher sans concession sur la façon dont nous agissions avant la crise.

LE RETEX PRÉPARÉ, LEVIER D’UNE SORTIE DE CRISE UTILE ET RÉUSSIE

Ne nous posons pas vraiment la question de savoir si nous avons réussi notre entrée de crise. Certes, tous les signaux que nous allions, nous aussi, devoir affronter cette crise mondiale étaient là depuis février. L’entrée dans la crise a été pour le caribéen moyen brutal et violent.  Il est humain de penser que jusqu’à la dernière minute, on va pouvoir comme par miracle échapper au danger. C’est toujours le cas pour les ouragans dont les prévisions de trajectoire sont suivies presque heure par heure par des populations anxieuses, qui en oublient même parfois d’accélérer leur préparation finale. Ce moment de l’entrée dans la crise est passé, nous n’y pouvons désormais plus grand-chose pour le rendre moins incertain et moins violent.

Acceptons les imperfections ou hésitations de notre gestion de crise actuelle. Elles masquent parfois simplement le besoin d’expérimentation qui s’exprime légitimement face à l’inconnu et face à certains aspects inédits de cette crise. Elle masque aussi la peur, le stress, le déni…

Que signifie pour nous le verbe « accepter » ?

Il ne signifie pas se complaire dans l’approximation car la gestion de crise est une affaire de rigueur. Accepter ne signifie pas consentir ou « accepter les yeux fermés ». Il ne signifie pas non plus le défaitisme, la résignation.

Il signifie pour nous résolument l’optimisme conscient et réaliste. Un optimisme fait de prudence et d’action. Réfléchir et agir donc !

Vendredi dernier, nous avons entamé notre propos en mettant en lumière la complexité du moment, du monde et de la pensée. Analyser et comprendre est un début. Face à la menace et au danger, savoir prendre des risques en ayant la meilleure compréhension possible de ce qui se passe et de ce qui est susceptible de se passer est un défi.  Se résoudre à utiliser ces analyses forcément incomplètes et changeantes est la suite de ce nouveau chemin. C’est en effet l’innovation risquée, donc bien la prise de risque par l’action qui a le plus de chance de créer l’opportunité dans la crise.

Décider et Agir est donc indispensable, sans précipitation, mais rapidement, comme pour continuer notre voyage exploratoire dans le paradoxe. Les décisions opérationnelles de survie ne devraient pas interdire la réflexion et les décisions plus stratégiques ; au contraire, elles sont intimement complémentaires. La survie n’est pas seulement un état, c’est bien un combat perpétuel, etune énergie à mobiliser au quotidien en situation de fortes contraintes. Nous vous avons proposé d’organiser dans vos organisations deux cellules distinctes pour tenter de rendre les décisions les plus pertinentes et les plus éclairées possibles face au brouillard de l’inconnu que représente le Covid 19 et ses conséquences.

Nous avons terminé le webinaire sur les perspectives de rebond et sur une note résolument optimiste, accompagnés en cela par Nelson Mandela qui sait de quoi il parle en la matière. C’est sans doute dans sa préparation et la bonne utilisation du moment présent qu’il a puisé la force d’une promesse d’un meilleur lendemain. Ce sont ces leviers qui lui ont permis de résister à l’isolement et aux conditions du confinement imposés dans sa prison de Robben Island. Nous croyons à la puissance de la cause et de l’effet. Ainsi notre pensée et notre action dans le présent créeront le résultat de notre futur.

Les semaines et mois qui viennent seront difficiles. Les capacités de résilience de nos territoires et de nos populations seront mises à rude épreuve. Soyons humblement réalistes, nous n’avons assurément pas encore tout vu en matière de risques « complémentaires » au risque sanitaire actuel ou d’effets domino. Même si nous voyons de formidables expériences se déployer autour de l’innovation, dans de nouveaux services, de nouvelles pratiques managériales, de nouveaux comportements solidaires, nous sortirons grandis à la façon de Mandela si nous savons en tirer des leçons et si nous nous donnons les moyens de les rendre pérennes. Nous aurons progressé si le plus grand nombre peut in fine en profiter.

Préparons donc dans la crise les retours d’expérience (RETEX) qui sont souvent les parents pauvres de la gestion de crises. Vouloir oublier les moments difficiles est humain mais ce faisant nous préparons et alimentons à l’avance les errements des prochaines crises. L’historique des crises, et singulièrement le journal de bord des décisions, initiatives, expérimentations, réussies ou pas, est le plus beau cadeau que nous pouvons collectivement laisser aux organisations survivantes et à toutes celles qui émergeront post-crise. Et de nouvelles organisations émergeront !

Nous sommes profondément convaincus que le monde de l’après crise, enfin, d’après la partie la plus visible de la crise, sera différent. Il sera meilleur si nous le voulons collectivement. Il peut être socialement plus vertueux et économiquement plus juste et plus solidaire. Telle est l’ambition que nous souhaitons porter au sein d’OBSIDIAN SOLUTIONS au moment où d’autres menaces pointent le bout de leur nez pour les territoires caribéens à l’approche du mois de juin : la prochaine saison cyclonique. Nous sommes en territoire où l’histoire douloureuse, l’étroitesse des marchés, les risques majeurs, l’énergie naturelle des individus créent un cocktail potentiellement détonnant mais nous avons décidé paradoxalement dans le paradoxe et la complexité d’en faire des atouts pour l’avenir et certainement plus des handicaps… comme avant.

Le 26 avril 2020

Société OBSIDIAN SOLUTIONS

flora.eliazord@obsidian-solutions.com


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