« J’ai peur de lui dire »

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J’aimerais vous raconter une histoire, une histoire vraie :

Cela s’est passé un week-end, alors que je faisais mes courses dans une grande surface, je rencontre Yolaine, une personne avec qui je suis des cours de théâtre. Après les formules de politesse, elle en vient à me dire qu’elle est contrariée et se demande si elle va poursuivre les cours.
 
Je lui demande ce qui se passe. Elle me répond brusquement avec une forte colère : « Je suis toujours dans des rôles pas intéressants, des petits rôles, je ne peux pas m’exprimer. Elle (notre prof. de théâtre) me met de côté ». Et elle continue « je ne sais pas pourquoi elle me met de côté, ça ne me plait pas, j’ai peur de le lui dire. Qu’est-ce qu’elle va penser de moi ? Je ne veux pas qu’elle pense que je suis prétentieuse ». Je l’écoute et lui pose des questions. « Pourquoi dis-tu cela, as-tu tenté de lui dire ? » « J’ai déjà essayé » me dit elle, « je lui ai dit que je n’aimais pas, mais elle continue à me mettre de côté, elle est arrogante avec moi » dit elle en baissant les yeux.
 
Je lui dis « tu sais parfois on a peur de parler à l’autre. On n’ose pas. Nous n’avons pas toujours une bonne estime de nous-mêmes. Et on souhaite que l’autre en ait pour nous. » Je l’observe. Elle m’écoute attentivement et me dit :
« Oui mais, tu sais à mon âge j’ai 64 ans ! » « Il n’y a pas d’âge pour apprendre sur soi, se donner de la valeur, une valeur qui ne dépend pas des autres. Ça ouvre les portes ! » Lui dis- je.
« Oui mais attends les autres sont miroirs ! » me dit-elle. Je lui réponds « oui justement si tu t’apprécies, le miroir te le renvoie » elle me regarde et me dit « Ah ! Là je dois réfléchir ! » Sentant une ouverture en elle, je continue :
« Oui si on a un regard positif sur soi, les autres le ressentent. J’ai choisi de suivre ces cours de théâtre, pour apprendre sur moi, parfois c’est difficile ». Elle : « moi aussi, et aussi pour m’exprimer » me dit-elle ; « Alors dis-le lui, cela a du sens pour toi » lui dis-je.
Elle me dit « oui mais, qu’est-ce qu’elle va penser de moi ? Et puis, elle risque de me mettre encore plus de côté ou de faire exprès de me donner des rôles difficiles ! »…. Là c’était le coup de grâce ! (Petit rappel: cette séquence se passe dans un magasin !)
Je lui ai dit « si tu interprètes ce qu’elle peut faire, effectivement tu ne lui diras rien. » elle me répond « oui j’ai tendance à interpréter, d’ailleurs c’est mon problème quotidien, je suis aussi très timide »
 
Je la regarde et lui dis « tu te rappelles que tu as choisi ces cours pour apprendre sur toi, pour t’exprimer non ? » Elle me demande : « tu crois qu’elle fait ça parce qu’elle nous lance des défis ? »
Je lui réponds : « Je pense qu’elle souhaite que l’on progresse, elle est là pour nous y aider. Le cours de théâtre est la représentation de ce que nous vivons dans la vie de tous les jours. Nous sommes face à nous-mêmes et nos difficultés, nous pouvons les dépasser. A nous de le décider. »
« Je vais me lancer ce défi alors » me dit-elle et comme je crois que nous en avons fini, je lui dis :
« Tu sais, je suis contente de notre discussion car je suis en train de préparer une intervention dans laquelle je dois dire ce que nous venons de nous dire ; Je te remercie ; »
Et là elle me décoche un « Ah oui je suis ton cobaye alors ! » Je la regarde « Un cobaye pour toi peut être, pas pour moi » Elle me dit « C’était pour rire !»
« Oui peut-être mais ce n’est pas ce que je pense de toi, ni de la situation. On ne s’est pas rencontrées par hasard, il n’est pas banal ce moment, j’en suis convaincue. »
 
Elle me dit « oui tu crois que c’est plus profond qu’il n’y parait ? » je lui dis « oui assurément »
Elle me dit « j’ai de quoi réfléchir tout ce week end ! Je te remercie. A mardi alors ! »

On peut se moquer de l’expérience de Yolaine, ou ne pas se sentir concernés du tout.
Cependant, nous sommes souvent comme Yolaine.
 
Ce qui a donné naissance à une croyance peut bien disparaître, la croyance, elle, demeure…

Ne sommes-nous pas, nous aussi, victimes de nos persuasions, perceptions négatives (imaginer qu’on « se doit » de faire ceci, ou qu’on  » doit être » comme cela, ou la crainte, le regard des autres, etc.) et pire encore : enchaînés à nos habitudes mentales (peurs, jalousies, orgueil, envie, etc.) ?
 
Tout ceci n’est pourtant qu’imagination de notre part… Car rien ni personne ne nous oblige à quoi que ce soit en réalité, c’est nous qui nous obligeons à certains actes, certains sentiments…
Dans tous nos actes, nous avons toujours le choix, il ne s’agit que de le vouloir vraiment…

Demandez-vous donc quelle(s) croyance(s) vous empêche(nt) de vous exprimer, de vivre, de vous épanouir et de progresser…
Le mardi et les jours qui ont suivi, au cours de théâtre, Yolaine n’a rien dit, n’a pas parlé de son ressenti ni de notre échange. Le groupe que nous formions, préparait une représentation publique en tant qu’amateurs. Les répétitions se sont enchaînées. Rien du côté de Yolaine. Puis elle a manqué des séances. Le jour J, face au public, elle n’a pu jouer son rôle en raison d’une chute qu’elle avait faite, les jours précédents qui l’empêchait de se tenir debout. Elle marchait avec des béquilles.
 
Quant à moi, lors de cette représentation, je me suis découverte des capacités nouvelles à poser ma voix, communiquer des émotions, faire rire, me mouvoir dans l’espace. Des mises en situations utiles que je pourrais mettre en œuvre au cours des séances de coaching à venir.

Jusqu’où notre vision déformée de la réalité peut-elle nous conduire ?
Est-il possible de transformer notre scénario négatif ?


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Savoir former des personnes ensemble pour apprendre à travailler ensemble !